CRICKEY a écrit:Je pense que ces statistiques c'est de la bêtise.
Tu as le droit de le penser et de prendre tous les autres pour des imbéciles.
N'empêche que si des dizaines d'assureurs y travaillent et les utilisent depuis 40 ans dans l'Europe entière, il doit bien y avoir une raison...
Pour rappel, même la Mutuelle des Motards, qui ne peut pas spécialement être taxée de motophobie, applique ces études et a défini une liste de motos "label jeune", conseillées pour débuter.
Si un jeune motard débutant choisit une moto en dehors de cette liste, il pourra l'assurer, mais paiera plus cher car il représente un sur-risque.
http://www.mutuelledesmotards.fr/avanta ... ur-debuterJe cite :
Créé dès 1990 par la Mutuelle, le Label Jeune rassemble la plupart des vocations (exceptions faites des supersports et hypersports) et accueille chaque année une centaine de nouveaux modèles. Soit autant de machines racées, agréables, retenues pour leur caractère moteur, leur partie cycle, la qualité du freinage, leur stabilité et leur maniabilité. Bref, des motos suffisamment performantes pour conjuguer le plaisir de la conduite et les meilleures conditions de sécurité malgré une expérience restreinte... et quel que soit l'âge du nouveau motard !
(...)
Ne vous y trompez pas, les motos concernées par le Label Jeune ne sont pas des « veaux ».
CRICKEY a écrit:D'abord le lien puissance/accident à ce jour , il me semble qu'il est toujours pas démontré.
Et quid des pays où la puissance n'est pas limité ?
Dans les rares pays européens où la puissance des motos n'était pas limitée avant l'application de la directive européenne de 2006 (appliquée en France en janvier 2013), la mortalité motarde était plus élevée que dans ceux avec puissance limitée pour les débutants.
Toutefois, les comparaisons sont très difficiles en raison des différences de parc, de nombre de conducteurs concernés, de qualité des routes et de cultures de conduite...
Comme par hasard, l'Espagne, la Grèce et l'Italie, qui ne limitaient pas la puissance, affichent les pires résultats de mortalité motarde, mais peut-on affirmer que ce soit seulement à cause de ça ??
Je suis d'accord avec toi, le lien direct entre puissance et accidentalité (ou plus exactement mortalité routière des motards) n'est pas du tout avéré.
Par contre, le lien entre vitesse et gravité de l'accident est lui clairement établi.
Or, un motard achète rarement une moto puissante pour rouler doucement...
Faut pas se leurrer : avec la variété de l'offre aujourd'hui disponible sur le marché, quand on choisit une bécane de plus de 100 ch, ce n'est pas pour se traîner la nouille la truffe au vent. Le choix de la moto reflète en bonne partie notre personnalité et la façon de conduire, ou plus exactement la vision que nous avons de notre pratique (réelle ou rêvée/espérée).
Il y a des exceptions, bien sûr, mais la tendance est avérée.
Prétendre l'inverse relève de l'hypocrisie ou d'une très grande aptitude au déni de la réalité.
CRICKEY a écrit:C'est la jeunesse qui tue. Tu est jeune, fougueux, tout fou et tu fait le con. Et je pense que c'est ainsi depuis toujours.
Plus ou moins.
Tous les jeunes ne sont pas fougueux et débiles, certains sont responsables. A l'inverse, on observe un pic de mortalité chez les motards de 35 à 50 ans, ceux qui commencent la moto tard ou qui reviennent à la moto après des années d'arrêt.
En fait, à l'heure actuelle en France (chiffres 2014), la tranche d'âge 25-49 ans représente 63% des tués à moto, contre seulement 17% pour les 18-24 ans.
Alors certes, ont peut arguer que l'amplitude d'age est bien plus importante et que cela reflète avant tout qu'il y a plus de motard âgés de 25 à 49 ans que des gamins de 18-24 ans.
Mais ce qui est plus intéressant, c'est que cette proportion de 63% est supérieure à la moyenne européenne sur la même tranche d'âge (59%). La différence n'est pas énorme, mais en termes statistiques, elle est significative.
Ce qui tue, ce n'est pas la jeunesse, c'est l'inexpérience !!Le souci d'un "jeune" (moins de 30 ans), c'est qu'il cumule les deux sur-risques : les hormones en ébullition et l'inexpérience.
La biologie nous montre que la production de testostérone atteint son pic autour de 25 ans. Pas de 18 ou 20 ans, mais bien 25 ans ! Et ça décroît à partir de 30 ans. Ce pourquoi les tarifs d'assurance diminuent notablement pour les motards âgés de plus de 30 ans.
Cela dit, nous voyons tous des motards de 35, 40, 45 ans qui roulent comme des ânes. En général, passé 50 ans, ça se calme bien, sauf rare exception.
Et un noob reste un noob, quel que soit son âge. Quand on voit qu'un tiers des motards tués avaient moins de deux ans de permis (contre un quart pour l'ensemble des usagers), cela ne tient pas compte de l'âge.
C'est bien l'inexpérience qui est dangereuse et le choix d'une moto puissante / piégeuse / difficile à maîtriser augmente encore le danger.
CRICKEY a écrit:D'ailleurs tu peut te retrouver dans la même situation avec un 48 CV qu'avec un 150 CV. Si tu à décidé de rouler en attaquant.
Là dessus, je suis d'accord.
Ce n'est pas la machine qui crée l'accident toute seule, mais bien le conducteur. 95% des accidents sont dus à un problème de comportement du conducteur. Et même si les motards ne sont considérés comme responsables principaux des accidents
mortels les concernant que dans "seulement" les deux tiers des cas, ils ont une responsabilité partielle, plus ou moins importante, dans 95% des cas.
Les situations où le motard est mort parce qu'il était juste au mauvais endroit au mauvais moment, ça existe.
Mais c'est une infime minorité.
Bien sûr, si on roule comme un con, si on est bourré, si on a fumé de l'herbe avant de prendre le guidon, si on fait l'imbécile en groupe, si on roule au-dessus de ses pompes... on augmente grandement les risques d'accident et notamment d'accident grave, voire mortel.
Mais qui fait ça ? Quelle catégorie de motards agit ainsi ?
Les 18-30 ans, en grande majorité. Les motards du dimanche, les kékés, les jeunes branleurs. Ceux-là mêmes qui, comme par hasard, choisissent des motos puissantes pour flamber, pour se valoriser.
CRICKEY a écrit:Par contre passer à 130 la ou c'est un peu chaud tu le fait en ER6 bridée aussi bien qu'en S1000RR. Et en général c'est sur cette petite route que tu te fait mal. Comme dit la pub la plupart des accidents de moto ont lieu en rase campagne, quand il fait beau et tout seul .
Rectificatif, ce n'est pas une "pub", c'est
une vidéo de sensibilisation de la Sécurité Routière en 2012.
Alors certes, la majorité des accidents mortels a lieu, non pas en ville par temps de pluie, mais en rase campagne, sur route sèche, par beau temps.
« À moto, 2 accidents mortels sur 3 ont lieu en rase campagne. Dans 7 cas sur 10, en plein jour. Et dans 8 cas sur 10, par beau temps. »
Par contre, le "tout seul", là tu l'inventes.
Sur les 625 motards décédés en 2014, environ un tiers (238 tués) ont trouvé la mort lors d'un accident sans tiers impliqué. Cela veut dire qu'ils n'ont percuté aucun autre usager. Etaient-ils pour autant seuls sur la route ? On n'en sait rien.
A l'inverse, on peut observer que 18 de ces motards décédés ont percuté une autre moto.
Reste qu'encore une fois, c'est avant tout le comportement qui joue.
Si beaucoup de motards meurent dans des circonstances où il y a en théorie le moins de dangers liés à l'environnement, c’est forcément parce qu’ils ne font pas assez attention.
CRICKEY a écrit:Des motos de faible puissance, j'en ai conduit. Je ne voit pas en quoi c'est moins dangereux. T'est tout le temps à fond parce-que ce sont des veaux. Le châssis, les amortisseurs, les freins sont de la daube.
C'est ton expérience personnelle, qui n'est pas forcément généralisable à l'ensemble de la population motarde.
De plus, tes débuts à moto remontent à quelques années maintenant, soit dit sans te froisser. Le marché a pas mal évolué depuis...
Déjà la qualité moyenne de l'ensemble du parc s'est considérablement amélioré. Il n'y a plus de motos vraiment mauvaises. Et on trouve aujourd'hui des modèles d'entrée de gamme avec des composants de qualité franchement correcte.
C'est sûr, une moto de moyenne cylindrée à 5.000 ou 10.000 euros sera forcément moins bien équipée qu'une moto à 20.000 euros.
Mais de nos jours, à partir de 7.000 à 8.000 euros pour une moto neuve, tu as déjà du beau matos.
CRICKEY a écrit:Je ne parle pas des accidents de la route. Mais des sorties de route imputables au conducteurs. J'en ai vu un paquet depuis que je fréquente Midf. Et la puissance n'était pas en cause. Excès de confiance. Prise de risque. Rouler au dessus de ses compétences. Ça oui j'ai vu. Mais par excès de puissance non.
Sauf qu'encore une fois, je vois moi une corrélation entre ces problèmes de comportement et le choix de la moto. La puissance excessive de la moto par rapport à l'inexpérience est un facteur de l'équation, un élément parmi l'ensemble des facteurs d'accident.
De plus, tu bases ton raisonnement sur les accidents dont tu as été témoin, qui sont forcément en nombre limité. Et sur les accidents qui sont relatés par les motards de MIDF. Mais ces récits sont forcément biaisés. La victime d'un accident, surtout un motard qui raconte à d'autres motards, est rarement la mieux placée pour analyser rationnellement les causes de sa chute.
A l'inverse, j'ai au moins un exemple de motard débutant qui a été victime de la trop grande puissance de sa moto.
Erwann, que je connais sur un autre forum motard, a été gravement blessé lors d'un accident sans tiers impliqué, où il a été débordé par le moteur de sa MT-09 qu'il avait choisie en première moto, contre les avis de tous les motards expérimentés du forum.
Erwann a été grièvement blessé au pied.
Je le cite :
Je ne pourrai plus courir de ma vie, j'ai dû mettre un point final aux compétitions de cyclo-cross et de VTT, je ne suis pas près de refaire de l'escalade.
On est à M+6 mois, je ne marche toujours pas normalement, je ne descends pas d'escalier, j'ai été obligé de changer de boulot, j'ai passé au total 2 mois dans les hostos divers et variés depuis le mois de mai, 2 opérations...
Je n'ai repris le travail qu'il y a 3 semaines et la moto il y a deux semaines...
J'ai acheté une moto bridée en A2 et elle restera une bonne grosse année avec ses 48 cv avant de trouver sa puissance.
J'irais aux beaux jours faire un stage chez Fab avec mes beaux 48 cv.
Bref, je crois que à ce jour, la MT-09 aura été la plus grosse erreur de ma vie.
Je vais le dire autrement : une moindre puissance n'est jamais dangereuse, elle ne constitue pas un problème.
Alors qu'une puissance excessive peut être un danger.CRICKEY a écrit:Les assurances ne pénalisent pas la puissance. Mais les motos "sportives" car elles n'ont qu'ont ne seule utilité. Rouler " sport". Elles ne sont pas bonnes en promenades/vacances/trajet travail etc...
Elles n'ont qu'un but. Gaz et posé de genoux. Ce qui est un caractère à risque sur route.
Prend un GT de 165 CV. C'est plus facile à assurer qu'un SV650s. Car pour le SV à la fin il y a un "S" pour sport.
Pas totalement d'accord.
Déjà, à l'heure actuelle, je ne vois pas comment tu peux assurer une moto de 165 ch.
Tu veux dire que tu as assuré ta K1600GT en 106 ch et que tu l'as débridée illégalement (ce qui sera légal à partir du 1er janvier prochain), ce qui peut te causer de gros soucis en cas d'accident responsable.
Ensuite, un motard, même débutant, peut s'assurer sur sportive, à condition que ce soit une sportive A2, en 300 cm3.
Enfin, les assurances refusent d'assurer les débutants ou leur imposent des tarifs très élevés pour des motos puissantes hors sportives : roadsters sportifs, supermotards de plus de 450 cm3...
Toute moto de plus de 95 ch sera très difficile à assurer pour un débutant, surtout s'il a moins de 30 ans.
Par contre, je suis d'accord avec toi sur l'inadaptation des sportives sur la route, ce qui fonde en partie leur rejet par les assureurs.
CRICKEY a écrit:D'ailleurs les assurances savent très bien qu'il n'y a pas de rapport puissances/accidentologie. Par contre elles savent qu'il y en a avec l'âge, et les motos sportives fussent elles de moins de 100cv voir moins de 48 CV. Et je pense qu'ils ont bien raison.
Non. Voir ci-dessus.
Un débutant peut s'assurer sur une Ninja 300.
CRICKEY a écrit:Restons encore honnête la plus grande partie des motards sans jouer à être un pilote de GP ne conduisent pas leur moto comme un monospace sous motorisé. Ça prend de l'angle, on relance en sortie de courbe, on rentre en virage en appui sur les freins, on joue du transfert de charge, etc...
Mouais...
Ce n'est pas l'expérience que j'ai du "motard moyen". Je vois surtout beaucoup de motards qui bombardent en ligne droite et freinent à mort avant les virages pour tourner avec un angle de 20° maxi...
CRICKEY a écrit:On ne prend pas sa moto comme on prend sa clio pour aller chercher le pain ou aller manger chez belle maman. Ça n'a rien à voir. La moto c'est du kiff. Alors si c'est pour s'acheter une moto fade , qui nous plait pas plus qu'une autre. Qui n'a rien de spéciale à nos yeux, qui ne donne pas de plaisir, juste car c'est celle recommandé par la sécurité routière. Autant se prendre une carte d'abonnement autolib.
Il n'y a pas de moto recommandée par la Sécurité Routière.
Et rien n'empêche de se faire plaisir esthétiquement, l'offre du marché est bien assez variée pour trouver une moto sympa visuellement tout en restant raisonnable.
Un moteur de moins de 95 ch n'est pas forcément "fade" !
Faut pas se laisser avoir par le discours marketing des constructeurs. Pour moi, c'est une connerie totale d'affirmer des trucs du genre "en-dessus de 1000, c'est pas une vraie moto" / "moins de 100 chevaux, c'est pour les tapettes" / "une moto de moins de 150 ch, tu vas vite t'ennuyer"...
On entend régulièrement des motards sortir ça aux débutants. Les mêmes qui envoient du bois en ligne droite, mais se traînent en virages. Ceux qui croient que la moto fait le motard. Ceux qui existent à travers leur moto, pour qui le nombre de chevaux remplace les centimètres qui leur manquent entre les jambes.
Je ne dis pas que c'est ton cas, Christian.
Tu as une expérience, un historique motard très particulier, qui ne peut pas être transposé aux autres. Ce n'est pas parce que ça a marché pour toi que c'est valable pour les autres.
Et tu es le premier à dire que tu as appris "à la dure", avec de nombreuses chutes et pas mal de frayeurs.
Tu as eu de la chance, tu t'en es bien sorti. D'autres ont eu moins de chance.
C'est à eux qu'il faut penser.
"L'homme sage est celui qui connaît ses limites" (c) Clint Eastwood, alias "Dirty" Harry Callahan, in "Magnum Force" (1973)